Démocratie, élite libérale et peuple, l’impossible union

La barricade à la Porte St Denis – Nicolas Edward Gabé

L’adoption d’une loi nauséabonde qui a pour objet en façade la protection des principes républicains mais qui dans les faits, permet de pouvoir stigmatiser une partie de la population déjà marginalisée tout en armant toujours plus la république libérale remet encore une fois en cause les bienfaits de notre système politique. L’Assemblée nationale qui doit permettre de représenter l’ensemble des Français dans leur diversité n’est pas vraiment virulente ou alors simplement en façade et entre bons démocrates on sait s’entendre. Cette situation pose énormément de question, sur le peuple, la gauche et la démocratie. Mais alors, pourquoi la république libérale et la démocratie représentative sont-elles nos ennemies ?

En heure de grande écoute sur France 2, à la télévision publique, Marine Le Pen et Gerald Darmanin se font face. L’actuel ministre de l’intérieur doit vendre son projet et montrer qu’il a pour but de protéger notre belle démocratie. Marine Le Pen, démocrate revendiquée joue l’apaisement, au point de voir Darmanin lui reprocher sa mollesse. Sur une célèbre chaine d’info en continu, la ministre de l’enseignement supérieur, pas honteuse de la situation des universités, de la souffrance des étudiants ou de la précarité des profs, parle du mal que représente l’Islamo-Gauchisme pour les études supérieures et les travaux universitaires. Dans une démocratie de moins en moins libérale mais toujours plus autoritaire, ces sorties ne sont pas des couacs, elles permettent d’affirmer que ce système de gouvernement nous veut du mal.

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Youpi ! Canal + sauve son système et après ?

Le soulèvement – Honoré Daumier

Après une semaine encore riche en émotion, Canal + a annoncé avoir signé un accord après des négociations de gré à gré avec la LFP pour diffuser la fin de saison de la L1. Ce choix a été salué par la critique, permettant à la chaine cryptée de faire un coup de maitre en diffusant à moindre coup un produit phare de sa grille et à la LFP de faire rentrer de l’argent dans la caisse des clubs. Cependant, suffisant pour permettre la permanence du système en place ? Rien n’est moins sûr.

Par un tweet assez classique, Maxime Saada, le PDG ou CEO pour les anglophones (ou les bandeurs du libéralisme) de C+ officialisait le retour de la L1 « à la maison ». Exclu du dernier appel d’offre qui avait vu Mediapro faire péter les revenus, hypothétiques, Canal était passé par la petite porte pour pouvoir diffuser quelques matchs de L1 via la location du fameux lot 3 remporté par BeIN sport. Après de longs mois à attaquer la LFP, le prix trop cher de ces droits et prévoir la chute de Mediapro, C+ est revenu dans la danse pour sauver le football français après l’avoir fait grandir, cependant, peut-on être satisfait ?

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OM : Supporters, seulement fautifs ou complices ?

Grève à Saint Ouen – Paul Louis Delance

Samedi alors que le ciel est menaçant sur Marseille, la rumeur qui commençait à prendre de l’importance, au point que l’Equipe en parle, devient réalité. Un groupe, difficilement identifiable, de plusieurs centaines de personnes se retrouve sur le chemin sinueux qui mène à la Commanderie. La manifestation pour protester contre la politique de JHE et de McCourt est la suite logique d’une campagne d’affichage de banderoles hostiles aux deux dirigeants dans la ville. Cette fois, l’idée est de montrer physiquement le mécontentement. Depuis, les médias dominants ont fait leur choix, Jacques Henri Eyraud est monté sur ses ergots et ne fait qu’attiser le mécontentement. Retour sur une situation qui ne pouvait pas finir bien.

Le mécontentement n’est pas nouveau du côté de Marseille, les supporters et plus largement les groupes ultras ou non qui animent le Vélodrome et se déplacent un peu partout en France et en Europe pour pousser leur équipe en ont marre de la gestion et de l’attitude JHE. À l’image des Bukaneros, le président de l’OM comme celui du Rayo est grimé en Mickey Mouse. Le torchon brûle à Marseille, mais les tensions sont fortes ailleurs. Nantes ou encore Bordeaux récemment, les supporters ne sont plus aussi réceptifs qu’avant au discours de père Noël des propriétaires de club ou de leur marionnette. Les supporters marseillais ont décidé de passer à l’action. Quitte à mourir, autant le faire dignement.

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Guerre d’Algérie : Quelle histoire, quel récit, quel avenir ?

Alger, le port – Maurice Boitel

Il y a maintenant plus d’une semaine, le rapport commandé par l’Elysée à l’historien Benjamin Stora pour « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » a été remis à Emmanuel Macron. Depuis son déplacement en Algérie en tant que simple candidat à la présidence, il avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité ». Depuis l’actuel pensionnaire de l’Elysée manie l’histoire à sa sauce et donne l’impression de vouloir dire ce que son public veut entendre plutôt que de faire preuve de cohérence. Ce rapport commandé à un expert de la guerre d’Algérie et de son traitement a permis de remettre une pièce dans la machine médiatique et politique. Au final, pour pas grand chose ?

Les propositions de Benjamin Stora compilées dans son rapport plaident pour un meilleur traitement de la question de la colonisation et sur la lutte émancipatrice algérienne. L’ouverture des archives, des bourses pour que des chercheurs algériens puissent y avoir accès et produire des textes ou mémoire, un meilleur traitement de ces sujets à l’école mais aussi une volonté de mieux commémorer ou honorer certains groupes, dates ou morts, voila un petit exemple des préconisation de l’historien. Dans l’ensemble, Benjamin Stora demande que la république change totalement son fusil d’épaule sur ce sujet et assume ses fautes, ses exactions et le traitement qu’elle a infligé à une large de la population qu’elle avait sous sa responsabilité. Un vœu suffisant pour réellement changer la donne dans la vie des gens et surtout de ceux qui subissent encore des discrimination ? Le doute est grand.

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Loi séparatisme : Réaffirmation d’une idée de la République

Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie -Ilia Répine

C’est une musique nouvelle depuis maintenant plus d’un an. Emmanuel Macron à la suite d’un discours dans un quartier populaire de Mulhouse mêlait communautarisme et séparatisme dans une prise de parole qui allait faire date dans l’univers de la Macronie. Pour beaucoup, celui qui aime bien se dire ni de droite ni de gauche opérait un vrai virage vers les théories nationalistes de roman national, d’identité et surtout la recherche de la stigmatisation d’une certaine frange de la population, fantasmée et artificielle, pour donner de l’épaisseur à ce discours de la peur et autoritaire. A quelques semaines de son vote et alors que les débats ont débuté, quelques mots sur ce que charrie cette loi contre les séparatisme devenu le projet de loi confortant les principes républicains.

Le terme séparatisme n’est pas nouveau dans le lexique des républicains dans leur frange la plus large. Les gouvernants, notamment Charles de Gaule, lui ont donné un sens un peu plus épais au tournant de la seconde guerre mondiale. Surtout utilisé pour qualifier les régionalistes aux ambitions d’indépendances, CDG s’en est saisi pour disqualifier tour à tour, Frantz Fanon, Aimé Césaire, Benoit Frachon un responsable de la CGT, les communistes, l’ensemble des militants pour l’indépendance de l’Algérie et décoloniaux notamment. Ce qui a été tenté dans cette désignation est l’éviction du débat public ou simplement la dévalorisation de la parole de ces militants qui, aux yeux du Général et de l’ensemble de ses soutiens, voulaient défaire la République française. Cette magnifique institution qui a procédé à des massacres en Algérie, et rendu la vie impossible à toute personne ressemblant de près ou de loin à l’idée qu’ils avaient d’un Maghrébin en métropole pour ne citer que ça. Son attitude lors de ses passages en outre-mer, où le Général avait l’habitude de garder la tenue verte du militaire, parce que ces gens ne comprenaient que ça pour lui, permet de comprendre que derrière le qualificatif de séparatisme, se cache un racisme et surtout une pelleté de préjugés. Chose qui n’a pas vraiment changé après plusieurs décennies.

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LFP et Canal + : Si on ne peut plus se faire la nique entre amis

Orphaned – Nikolay Kasatkin

Depuis l’annonce du défaut de paiement de Mediapro, la LFP et l’ensemble du football Français vivent dans l’incertitude. L’essentiel des clubs doit vivre sans projection à court terme, les budgets basés sur l’actuel appel d’offres ne tiennent plus. Il faut donc tout reprendre, mais il est encore impossible d’estimer le prochain montant des droits TV. Se rajoute à cela, l’absence de recette billetterie ce qui met tout un système déjà fragilisé avant la crise sanitaire au bord du gouffre. Le football français a peut-être même déjà basculé dans le vide. Canal + le fidèle ami des clubs et de la L1 ne sauvera personne.

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Bruno Le Maire, le RSA jeune et la question de la précarité

To war – Konstantin Savitsky

« Un jeune de 18 ans, ça veut un travail ». C’est par ces mots que Bruno Le Maire répond à une question de Jean Jacques Bourdin sur la situation économique des jeunes au micro de RMC. Le ministre de l’économie prend enfin le temps de nous parler des choix du pays entre deux bouquins et malgré le handicap que représente son intelligence pour lui. Cette phrase, qui entre dans une diatribe plus large, dit beaucoup sur les choix français en matière de gestion de la précarité et de la pauvreté.

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LFP – Mediapro : Incompétence ou révélation d’une gouvernance problématique

Le Zemsto déjeune – Grigori Miassoïedov

C’est l’information qui a émaillé la journée d’hier en France, et qui dépasse le microcosme du football. Mediapro et son offre à près de 800 millions d’euros pour les droits TV du foot français ne paiera pas et ferme sa chaine. Après des semaines, des longues semaines d’échanges et de fuite en avant, le couperet est tombé, la L1 en premier lieu et la LFP en globalité entrent dans l’obscurité, avec un Prêt garanti d’État (PGE) sur les bras et des recettes de billetteries à zéro. Pour beaucoup, c’est l’amateurisme et l’avidité de la LFP et du syndicat Premier Ligue qui sont les seules responsables. Vraiment ?

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