Les quatre cavaliers de l’apocalypse – Viktor Vasnetsov
7 mai 2017, cour du Louvre. Emmanuel Macron, élu avec 66,1 % des voix, jure qu’il fera tout pour que les électeurs de Marine Le Pen n’aient plus « aucune raison de voter pour les extrêmes ». La confiance reçue, assure-t-il, l’oblige.
24 avril 2022, Champ-de-Mars. 58,5 % seulement, et un aveu : beaucoup ont voté pour écarter l’extrême droite plus que pour lui, et « ce vote m’oblige pour les années à venir ». Plus personne ne sera laissé « au bord du chemin ».
17 octobre 2026. La France descend massivement dans la rue : de 550 000 manifestants selon l’Intérieur à 800 000 selon la CGT, plus de 1 700 rassemblements contre la vie chère, un cortège parisien de 110 000 personnes sans incident majeur. Puis la nuit : des rues ravagées, la mairie de Limoges en flammes, des centaines de policiers, gendarmes et pompiers blessés, plus de 1 800 interpellations.
18 octobre, 20 heures. Le monarque présidentiel parle de factieux, réclame l’ordre et lance : « Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre. » Entre le « ce vote m’oblige » et le « auront à en répondre », l’obligation a changé de camp. Quatre jours plus tard, le 22 octobre, à l’issue d’un Conseil de sécurité, il durcit encore le ton : « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir », et celles qui ne seraient pas portées par des organisations syndicales seront interdites « partout où on le peut ». Face à un fleuve qui sort de son lit, on peut s’indigner de l’eau, on peut et, surtout, on doit se demander ce qui l’a fait monter et ce qui n’a pas tenu sur les berges.
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