La gauche, le Front Républicain et la posture Macronienne

Dimanche de lecture dans une école rurale, 1895 – Nikolaï Bogdanov-Belski

Dans la torpeur d’un samedi sous couvre-feu dans la plus grande partie de la France et sous confinement ailleurs, Libé sort une enquête sur ces électeurs de gauche qui ne sont plus prêts à faire barrage en 2022. Branle-bas de combat dans l’intelligentsia Macronienne, qui a fait de la lutte contre le FN sa posture et du front républicain la seule façon d’être au pouvoir et d’y rester. Cependant, dans un pays qui n’est pas gouverné par des fascistes mais où un parti fondé par des anciens SS fait régulièrement 30%, que sous-entend le front républicain? Et pourquoi on ne demande cette posture essentiellement à la Gauche, autant en amont d’un scrutin ? Tentative de réponse.

Toute la Macronie, certains Ze sur Twitter, quelques personnalités de droite, tous y sont allés de leur petite pique, même de leur attaque envers le journal Libé et concernant cette enquête sur les gens qui ne croient plus dans le barrage républicain pour faire reculer le RN en France. Même Nathalie Loiseau, qui a été sur une liste du GUD à 19 ans a jeté son regard dédaigneux sur cette une et cette enquête. Encore une fois, la honte ne les étouffe pas, mais ça dit beaucoup sur eux, et autant sur la Gauche.

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L’escalier infernal (à propos de Samuel Paty)

Bâteaux de pêche hollandais dans la tempête – J.M.W Turner

Le 16 octobre dernier, alors qu’environ un tiers des Français s’apprêtaient à entrer dans une période de couvre-feu en raison de la recrudescence du coronavirus, c’est tout le pays qui s’est soudainement vu placer sous une chape de plomb. L’assassinat sauvage de Samuel Paty par un jeune homme fanatisé a effectivement convoqué des souvenirs douloureux des attentats de 2015 et 2016. Quasiment un an jour pour jour après l’attaque au couteau effectuée par Mickaël Harpon au sein de la préfecture de police de Paris, un professeur d’histoire a été décapité – ce qui n’est pas sans ajouter de l’horreur à l’horreur – pour avoir projeté à ses élèves des caricatures tout en prenant soin de proposer à celles et ceux qui pourraient se sentir choquer de sortir de la salle.

Après Charlie Hebdo, après l’Hypercasher, après le Bataclan, après un religieux, après la promenade des Anglais, après bien d’autres cibles c’est désormais l’école et l’enseignement de l’esprit critique qui ont été pris pour cible. Il y a un an, après l’affaire Mickaël Harpon, nous avions assisté à une forme de folie vengeresse bien loin de la rationalité que nécessite un tel combat face aux terroristes. Aujourd’hui, la dynamique semble aller encore plus loin. Quelques jours avant le lâche assassinat de Samuel Paty, le débat public avait effectivement été focalisé sur la question du séparatisme. Ce drame a ainsi donné une latitude presque totale aux tenants des solutions extrêmes et de la haine à l’encontre non seulement des musulmans mais plus largement de toutes celles et ceux qui défendent leurs droits à vivre comme les autres en France.

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