«Vladimir Poutine est disposé à venir à Paris lorsque le président Hollande se sentira à l’aise». En une phrase, en dix-sept petits mots, en une déclaration concise, le porte-parole du Kremlin a renvoyé notre président de la République à ses contradictions et son louvoiement permanent. Ne nous y trompons pas, la position de Vladimir Poutine constitue un camouflet diplomatique aussi sévère que cruel pour François Hollande. Cette phrase lapidaire est en effet venue après cinq jours de tergiversations au cours desquels le président s’interrogeait, parfois à haute voix comme sur RMC, sur la pertinence de recevoir le président russe à Paris. La visite avait été préparée en amont par un déplacement de Jean-Marc Ayrault à Moscou et l’enjeu était grand puisqu’il s’agissait tout simplement d’entamer un dialogue de puissance à puissance à propos du martyre d’Alep.
Las des contritions et autres contorsions faites par le président français, Vladimir Poutine a tranché pour lui. Réclamant une rencontre sans la réclamer réellement, François Hollande a, une fois de plus, tergiversé devant le nœud gordien, nœud que Vladimir Poutine a finalement tranché évitant ainsi à notre président d’avoir à le faire. François Hollande s’est finalement retrouvé dans la même position que l’âne assoiffé et affamé devant les seaux d’eau et d’avoine mais incapable de trancher. Cette hésitation diplomatique pourrait très bien s’arrêter là mais il me semble au contraire que dans ce moment critique (au sens grec du terme, moment de choix), François Hollande a mis en lumière tout ce qu’a été son quinquennat fait de louvoiement, de reniements et de contritions. Loin d’être un cas isolé, cette vraie fausse invitation à Vladimir Poutine révèle, à mon sens, ce qui a marqué toute la mandature Hollande : l’indécision. Lire la suite
