Quotidien, le TPMP de l’actualité ?

Lorsqu’on regarde Quotidien sur TMC, il flotte comme un air de Lampedusa. Non pas cette petite île italienne – sujet que l’émission de Yann Barthès a déjà traité par le passé (surtout lorsqu’il présentait Le Petit journal) –  devenue à la fois forteresse macabre et cimetière mais l’auteur du Guépard. Dans le roman, le neveu du personnage éponyme, Tancredi Falconeri affirme que « pour que tout reste comme avant, il faut que tout change », phrase que l’on a souvent modifiée en « il faut que tout change pour que rien ne change ». Dans le cas de Quotidien, cette phrase s’applique doublement, dans une sorte de mise en abîme. La première application, la plus évidente, concerne le passage de Canal + à TMC puisque Yann Barthès a recréé presque tout l’esprit du Petit journal sur la chaine du groupe de TF1.

La deuxième application, bien plus intéressante celle-là, est à propos du format même de l’émission présentée par Yann Barthès – ce qui englobe Quotidien mais aussi Le Petit journal dans ses dernières années. Le surgissement de cette émission dans le paysage audiovisuel français a été présenté comme une profonde rupture. L’infotainment à l’américaine arrivait en France. La réalité c’est bien plutôt que le système médiatique dominant s’est adapté pour conserver sa prééminence. Depuis le début de la saison Touche Pas à Mon Poste et Quotidien se tirent la bourre. Les deux talk-shows luttent en effet pour être l’un devant l’autre. Nombreux sont les téléspectateurs de Quotidien à pérorer avec arrogance sur le fait qu’eux regardent un programme intellectuel tandis que TPMP n’est qu’un ramassis d’absurdités. Pourtant, y a-t-il réellement une différence de nature ou simplement une différence de degré entre les deux émissions ? Alors oui l’émission de Cyril Hanouna a encore passé un stade cette année dans les blagues graveleuses et autres défis ridicules, oui Quotidien traite parfois (assez rarement tout de même) de sujets graves mais dans le fond les deux émissions me semblent répondre à une même logique.

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Alep, notre Guernica (4/4): l’ensauvagement du monde

Le terrorisme va commencer

 

Le titre de cette sous-partie peut heurter voire même choquer. Nombreux seront sans doute ceux qui rétorqueront que depuis bientôt deux ans – et l’attaque de Charlie Hebdo – le terrorisme est bien ancré dans les sociétés occidentales en général et française en particulier. Depuis plus longtemps encore, le Moyen-Orient est frappé durement par ces attaques meurtrières. Il ne s’agit évidemment pas de nier toutes les victimes passées du terrorisme mais si j’utilise l’assertion « le terrorisme va commencer » c’est pour affirmer que le terrorisme de grande ampleur va sans doute débuter avec la chute d’Alep. En premier lieu en Syrie. Bachar Al Assad et Vladimir Poutine nous expliquent qu’ils ont bombardé des terroristes mais comme l’explique brillamment Denis Sieffert dans son édito publié par Politis, depuis la nuit des temps les insurgés sont catalogués comme terroristes. La réalité, c’est que l’attaque sanglante contre Alep possèdent toutes les caractéristiques pour libérer les puissances du terrorisme de grande échelle : martyr de civils, ressentiment monstrueux à l’égard des Russes mais aussi de toute la communauté internationale qui a regardé sans rien faire, côtoiement de la barbarie la plus totale, tout est réuni pour que des survivants d’Alep basculent dans l’action violente. Pendant que Poutine et Al Assad assassinaient des civils à Alep au nom de la guerre contre le terrorisme, les vrais terroristes reprenaient, eux, la ville de Palmyre. Nombreux sont les analystes qui nous expliquent que la reprise d’Alep par le régime marque un tournant décisif dans la guerre en Syrie. Je crois au contraire qu’elle marque simplement une étape dans ce conflit. Le terrorisme va réellement démarrer à Alep et dans une guérilla du faible au fort, ce n’est quasiment jamais le fort qui l’emporte, l’histoire nous le montre. Lire la suite

Alep, notre Guernica (3/4): la tragédie venue de plus loin

Le triomphe de l’absurde

 

« L’absurde, écrit Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe, naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. C’est cela qu’il ne faut pas oublier ». Plus loin, il ajoute : « Je suis donc fondé à dire que le sentiment de l’absurdité ne naît pas du simple examen d’un fait ou d’une impression mais qu’il jaillit de la comparaison entre un état de fait et une certaine réalité, entre une action et le monde qui la dépasse. L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés. Il naît de leur confrontation ». En ce sens, il me semble que tout le conflit en Syrie est un puissant moment d’absurde camusien. Qu’est donc ce conflit – et depuis quelques jours Alep en est le symbole le plus éclatant – sinon un appel lancé par une population qui ne rencontre qu’un silence déraisonnable de la part de la communauté internationale ? Il peut, en effet, être confortable et même rassurant de se dire que l’horreur vient de surgir en Syrie sous les bombes russes et les couteaux iraniens. C’est cependant faire fi de la réalité des faits. Voilà désormais près de six années que ce conflit sanglant a commencé et l’horreur est montée graduellement. Il y a eu comme un divorce entre la population syrienne et ce que l’on appelle pompeusement la communauté internationale. A l’inverse, nulle trace de l’absurde entre le régime syrien et Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas ignoré l’appel de son allié et s’est porté à son secours pour l’empêcher d’être balayé. Les massacres aux armes chimiques étaient censés constituer une ligne rouge et il n’en fut rien. Voilà désormais des années que nous répondons par un silence assourdissant à l’appel lancé par l’humanité. Lire la suite

Alep, notre Guernica (2/4): le miroir tendu

Humanité dans l’atrocité versus inhumaine humanité

Le postulat défendu ici est le suivant : l’indifférence dont nous faisons preuve vis-à-vis du martyr d’Alep cache quelque chose de plus profond. Ce n’est sans doute simplement pas notre impuissance qui a cédé le pas à une froide indifférence. Je pense au contraire que c’est précisément parce qu’Alep nous tend un miroir qui reflète une humanité monstrueuse que nous détournons le regard. Depuis des mois et des mois, une nuit semble s’être faite sur la deuxième ville syrienne. Pourtant, sous les bombes russes et les tirs de mortier syriens, les Aleppins ont conservé leur humanité. Ils sont le visage et la voix de la dignité humaine. Tels les héros de La Peste, les Aleppins s’entraident face au fléau qui s’abat sur eux. Ils ont décidé, à leur échelle, de n’être ni victime ni bourreau. Les casques blancs sont là pour en témoigner. Alep est en ce moment-même l’un des endroits les plus sombres de cette planète mais est-ce pour autant que les ombres ont tout recouvert dans la ville ? Assurément pas. C’est parfois des endroits les plus sombres que jaillissent les lumières les plus éclatantes et les plus impressionnantes. Alep est actuellement l’un de ces endroits. De ces familles qui partagent la pitance à cet homme qui fait le tour d’Alep Est pour distribuer de l’eau (électricité et eau courantes ne sont plus disponibles depuis longtemps dans la ville), les Aleppins montrent à l’humanité qui détourne le regard qu’ils ont su demeurer humains, profondément humains, dans cette tragédie funeste qui les frappe. Il ne s’agit assurément pas d’idéaliser la totalité de la population aleppine. Oui près d’un tiers des rebelles sont issus des rangs du terrorisme islamiste mais dans la ville en quarantaine, l’humanité n’a pas encore disparu. Lire la suite

Alep, notre Guernica (1/4): et l’humanité s’effondra…

Aujourd’hui Alep est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu une notification sur mon téléphone : « Alep reprise par l’armée syrienne. Exactions en cours. Pas de trêve ». Cela ne veut rien dire, c’était peut-être hier. Le 12 décembre 2016 restera dans l’Histoire comme le jour où nous avons vu Alep être reprise par le régime de Bachar Al Assad soutenu par Vladimir Poutine et par l’Iran. Nous avons vu et nous avons entendu les Aleppins crier leur détresse, nous dire adieu après des mois et des mois de lutte face à un adversaire qui était bien plus puissant qu’eux. En ce funeste jour de décembre, les troupes d’Al Assad sont donc entrées dans la ville en commettant les exactions les plus terribles selon de nombreux observateurs et témoins présents sur place. Ce ne sont ni la haine, ni la colère, ni la rage qui me pousse à rédiger ce dossier mais bien plus assurément la honte. La honte d’avoir été impuissant face à ce carnage qui s’est produit sous nos yeux. La honte face à la lâcheté de nos dirigeants. La honte face à notre froide indifférence. La honte face au fameux « plus jamais ça » bafoué une fois de plus. La honte déjà présente du moment où mes enfants me demanderont comment nous avons pu laisser faire ça sans rien faire, sans rien dire. Le régime syrien et son allié russe avaient annoncé une trêve humanitaire pour permettre aux civils de fuir. Mais les mêmes qui ont bombardé et massacré les Aleppins exigeaient de gérer les corridors humanitaires. Sans surprise cette trêve a fait long feu et hier les bombardements faisaient toujours rage alors que des milliers de civils étaient encore présents dans la ville, parfois des enfants isolés comme l’indiquait l’UNICEF.

Les porte-parole de l’ONU ont eu cette phrase à la fois lumineuse et terrible mardi soir à Genève lorsqu’ils ont affirmé que « l’humanité [semblait] s’être totalement effondrée Alep ». Oui l’humanité s’est effondrée à Alep, elle est venue se fracasser sur le mur de la Realpolitik et du cynisme le plus abject. L’ONU elle-même a sans doute vu sa mort définitive dans le destin de la deuxième ville de Syrie – nous y reviendrons en quatrième partie. Pourtant, ma génération est celle qui se demandait comment celle de ses grands-parents avait pu regarder l’Espagne sombrer devant elle par peur d’intervenir face à Hitler, celle qui se demandait comment la génération de ses parents avait pu détourner le regard de Srebrenica, du Rwanda, du Biafra. Nous proclamions d’une même voix « plus jamais ça » et nous affirmions avec aplomb qu’à l’heure d’internet et des réseaux sociaux nous ne laisserions pas arriver un tel drame. La réalité c’est qu’Alep est et restera comme la trace indélébile sur notre génération tout comme Guernica avait marqué la génération de nos grands-parents et le Rwanda celle de nos parents. Alors oui la honte ressentie est légitime mais elle ne doit pas non plus tout occulter. Tenter d’aller plus loin que la simple consternation pour mieux saisir les mécanismes qui ont abouti à cela est peut-être le meilleur moyen de rendre hommage aux valeureux Aleppins en même temps que le chemin le plus sûr pour éviter de nouveaux carnages tout en montrant l’insoutenable réalité de ce qu’il s’est produit à Alep durant ces années de guerre totale. C’est la modeste ambition des quelques lignes de ce dossier. Lire la suite

Alep et notre silence criminel

« Alep est libre ». Difficile de ne pas rester interloqué face à cette affirmation que l’on entend fleurir depuis quelques jours. Le potentiel orwellien d’une telle phrase est presque maximal tant elle semble être en décalage avec la réalité qu’elle prétend décrire. Depuis le fameux « la guerre c’est la paix » dans 1984 on n’avait pas fait mieux. Parler de libération pour décrire le processus de destruction méthodique et d’assassinat de civils qui a eu lieu dans la ville relève de l’indécence la plus totale en même temps que d’une forme de déni. Que le régime syrien et son allié russe plastronnent en parlant de libération, quoi de plus normal ? Qu’une partie des médias lui emboîte le pas relève au moins du scandale, sinon de la faute professionnelle et morale.

Samedi, le maire d’Alep Est était à Paris et des rassemblements ont eu lieu un peu partout en France en soutien aux Aleppins forcés de vivre l’enfer sur Terre depuis désormais des mois et des mois. Le soutien affiché est certes nécessaire mais il m’apparaît bien tardif et, surtout, absolument pas suffisant. De la même manière, l’appel de parlementaires – et le départ de certains d’entre eux en Syrie avec l’édile aleppin – arrive bien tard quand le supplice de la ville martyr est chaque jour plus terrible. Il me semble qu’il est grand temps de relire Pourquoi je hais l’indifférence du penseur italien Antonio Gramsci pour mieux saisir à quel point nous avons été criminels par nos silences et notre indifférence, par nos réactions et notre dédain face à ce qui restera assurément comme le Guernica de notre époque. Lire la suite

La place Beauvau, nouveau tremplin de la République

Il n’y a qu’un ministère vraiment important en France : c’est celui de l’Intérieur. La formule, si elle se veut provocante, n’est pourtant pas forcément usurpée tant l’actualité et les thèmes récurrents dans le débat public de notre pays tournent autour des prérogatives de ce ministère. Mardi matin, pour remplacer le démissionnaire Valls lancé dans sa quête de l’Elysée, François Hollande a nommé Bernard Cazeneuve, son ancien ministre de l’Intérieur. Tout le monde s’est attardé sur le fait que le Président a récompensé un fidèle parmi les fidèles mais assez peu de monde s’est finalement intéressé au fait que le nouveau pensionnaire de Matignon venait de la place Beauvau.

Il ne s’agit évidemment pas de s’épancher sur le cas de ce pauvre Bernard Cazeneuve – qui a tout de même réussi l’exploit d’avoir un bilan déplorable sur presque tous les plans et de devenir chef du gouvernement – mais bien plus de s’interroger sur cette tendance lourde depuis plus d’une décennie qui veut que le ministère de l’Intérieur soit devenu une place centrale dans nos institutions et produise d’authentiques chefs en puissance – ce qui n’est pas très rassurant. Les trois derniers Premiers ministres qui ont été remplacés en cours de mandature (Raffarin, Ayrault et donc Valls) l’ont tous été par celui qui occupait la place Beauvau dans le gouvernement précédent (respectivement De Villepin, Valls et Cazeneuve). Un quatrième larron a même sauté directement de la place Beauvau à la rue du Faubourg Saint-Honoré sans passer par la case Matignon. Loin de n’être qu’un épiphénomène, il me semble que cette tendance nous en dit beaucoup sur l’état de notre pays et de notre démocratie. Lire la suite

Le mythe de l’union des gauches

Au cours des semaines précédentes, avant le renoncement de François Hollande, Libération avait ressorti les violons pour nous rejouer l’air de l’union de toutes les gauches. De Macron à Mélenchon en passant par Hollande et Valls, le journal fondé par Jean-Paul Sartre, dressait un réquisitoire contre tous ces responsables de gauche qui n’en font qu’à leur tête et qui sabotent le rassemblement vital à gauche si l’on en croit le quotidien. L’ensemble des articles reprenait une même antienne et un même appel : celui qui enjoignait l’ensemble des personnes citées plus haut à participer à ce qui est pompeusement appelée la « primaire de gauche ». Rappelons, en effet, que ce que Libé appelle primaire de gauche est en réalité la primaire du seul Parti Socialiste, qui est d’ailleurs en train de se transformer en congrès mortuaire. François Rebsamen a d’ailleurs renouvelé l’appel hier au micro de RMC.

Lundi dernier, l’ex-Premier ministre et désormais « candidat à la présidence de la République » selon ses propres mots, s’est lancé depuis la mairie d’Evry son fief électoral, la ville même où il demandait, il y a quelques années, qu’on mette plus de « white, de blancos » pour lui en donner une bonne image. Le slogan de Manuel Valls est d’ailleurs assez risible quand on se rappelle de ses méthodes et de son parcours. « Faire gagner ce qui nous rassemble ». Il est toujours risible de voir les termes rassembler ou rassemblement accolés au nom de Valls tant celui-ci demeure le diviseur en chef, l’homme de la fracture forcenée. La décision de Hollande « oblige » la gauche à se rassembler selon lui. Pourtant, il me paraît plus qu’évident que LA gauche n’existe plus, cela fait un moment qu’elle a péri. Il est bien plus pertinent de parler des gauches aujourd’hui et, n’en déplaise à Valls, leur union relève bien plus du mythe que de toute autre chose. Lire la suite

Après le renoncement ?

« Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle ». En une phrase et treize petits mots, François Hollande a envoyé valser toutes les certitudes et prévisions pour la campagne présidentielle qui s’annonce. Alors évidemment, depuis l’annonce de jeudi dernier nombreux sont ceux qui tentent de nous expliquer que c’est totalement logique et qu’une telle décision était attendue (nous avons vu le même phénomène poindre au moment du Brexit ou lors de l’élection de Trump). La vérité, c’est qu’en cette soirée de décembre aux alentours de 20h10 nous avons vécu un moment d’histoire en direct. C’est en effet la première fois qu’un Président de la Vème République en fonction abdique, renonce à briguer un second mandat. Les plus grincheux diront que Pompidou avait déjà créé un précédent mais c’est la mort qui l’en avait empêché.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que la décision de François Hollande est courageuse. Alors qu’il cristallise le rejet des Français, sa décision n’est pas courageuse, elle est lucide. Ce n’est pas pour autant une raison de minimiser la portée historique d’une telle attitude de la part du Président en exercice. Il me semble, en effet, que nous avons vécu l’un de ces moments qui marquent une rupture dans l’Histoire (ici politique) d’une nation. Pour reprendre le titre d’une chronique de Hubert Huertas sur Mediapart, ce n’est pas rien un président qui ne s’accroche pas. La décision du Président Hollande a sans doute été solitaire. Fidèle à sa réputation il n’a fait part de son choix qu’à quelques personnes avant de l’annoncer aux Français. Pourtant, il me semble que les enseignements et les conséquences de sa décision dépassent largement la simple personne de François Hollande. Alors que vivra-t-on après le renoncement ? Peut-être la décomposition. Lire la suite

L’Afrique et le boulet français

François Fillon, le candidat de Les Républicains à la présidentielle de 2017, l’a dit assez souvent et très clairement : pour lui il faut cesser avec le sanglot de l’Homme blanc vis-à-vis de la colonisation. La France n’a pas à s’excuser « d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique » s’est-il même aventuré à dire. Au-delà de l’ineptie d’un tel propos, ce que semble oublier – ou feindre d’oublier – l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, c’est que notre pays continue de maintenir une pression folle sur les pays d’Afrique. Alors évidemment, aujourd’hui cette mainmise a changé de forme. Nous sommes passés d’une administration univoque et visible à une influence bien plus dissimulée et perverse.

Certains affirmeront que l’ère de la Françafrique est dépassée. François Hollande ne promettait-il pas, en effet, d’effacer le souvenir du quinquennat sarkozyste à ce niveau aussi ? Personne n’a oublié le fameux discours de Dakar de l’ancien Président et sa phrase sur l’Homme africain qui ne serait pas assez entré dans l’histoire, un discours en forme de crachat à son assistance. Pourtant, la Françafrique est loin d’être une époque révolue et François Hollande – dont on peut commencer à tirer le bilan définitif maintenant qu’il a annoncé qu’il ne briguerait pas de deuxième mandat hier soir – n’a fait reculer ni la présence militaire française en Afrique, ni la voracité des géants français de l’énergie, des transports ou de l’agroalimentaire et encore moins la mainmise française sur une des monnaies du continent. Lire la suite