Il n’est désormais plus rare de voir un mot être employé pour un autre, une expression être utilisée pour dire l’inverse de son sens initial ou d’utiliser des termes simplifiés à outrance. La simplification du langage est en effet dans l’air du temps. L’avènement de Twitter et de ses messages de 140 caractères y ont grandement contribué. Le petit oiseau bleu est, en effet, devenu une composante essentiel dans le marketing politique depuis 2008 et la campagne connectée de Barack Obama si bien qu’il ne me semble pas exagéré de dire que les logiques de Twitter (phrases courtes, formules chocs, recherche du buzz, etc.) ont peu à peu contaminé la sphère politique et l’ensemble de la société. L’on constate donc un appauvrissement toujours plus grand du langage, appauvrissement qui me semble dramatique.
Et pourtant, toute personne qui s’alarme de cet appauvrissement est tout de suite cataloguée ou bien dans la catégorie des dangereux réactionnaires ou bien dans celle qui souhaiterait voir le système politico-économique actuel perdurer. La polémique qui a éclaté sur la réforme de l’orthographe en début d’année est venu rappeler cet état de fait. Quiconque était contre ladite réforme était soit dans le camp de Finkielkraut soit dans celui du statut quo (l’orthographe étant considérée comme une barrière sociale pour les tenants de cette théorie). Je pense, au contraire, que rétablir un langage complexe est une impérieuse nécessité pour lutter contre ce capitalisme néolibéral à l’œuvre depuis une trentaine d’années et la survenue de la mondialisation. Certains considéreront sans doute cette lutte pour le langage comme dérisoire, je pense au contraire qu’elle est essentielle et que la désertion de ce combat a signé la première défaite, celle qui a entrainé toutes les autres, de tous ceux qui veulent proposer une alternative au système en place. Lire la suite
