La lutte contre la pauvreté, dernier piège du néolibéralisme

La semaine dernière, François Fillon s’est rendu dans un centre Emmaüs pour affirmer que la lutte contre la pauvreté était l’une de ses priorités, profitant de l’occasion pour tenter de démontrer que son programme n’était pas si violent que ça socialement. Parallèlement, dans le congrès mortuaire du Parti Socialiste que l’on appelle primaire de la Belle Alliance Populaire, la mise en place d’un revenu universel continuait à se placer au cœur du débat – il ne sera question du revenu universel que très partiellement au cours de ce papier, je considère en effet qu’une telle notion mérite un billet à part entière. Benoît Hamon a notamment été attaqué par les trois autres participants socialistes à la primaire qui lui ont intenté un procès en utopie.

Que ce soit le candidat désigné par Les Républicains ou les protagonistes de la primaire du Parti Socialiste, la semaine dernière s’est donc placée sous le signe de la lutte contre la pauvreté, qui serait désormais la valeur la mieux partagée sur l’échiquier politique français. Au-delà du ridicule d’une telle proposition, il faut, je crois, s’attarder sur cette question de lutte contre la pauvreté. Celle-ci révèle, à mes yeux, à la fois une forme de dérive et un dévoiement de la justice sociale. C’est précisément en ce sens que la lutte contre la pauvreté me paraît être le dernier piège que nous tend le néolibéralisme – dernier dans le sens le plus récent et non pas ultime. Ce piège tendu par le capitalisme néolibéral financiarisé est repris sur quasiment l’ensemble de l’échiquier politique, ce qui montre bien l’efficacité d’une telle démarche. Lire la suite

Donald J. Trump, les médias et les bulles informationnelles

Il y a un peu plus de deux mois, le monde était frappé par un séisme aussi inattendu que soudain : la victoire de Donald J. Trump lors de l’élection présidentielle américaine. Dans 9 jours, le même Trump sera officiellement investi de la fonction suprême aux Etats-Unis, le consacrant « chef du monde libre » selon l’expression utilisée jusqu’à la corde par nos chers médias. Cette investiture à venir nous donne, il me semble, l’occasion de revenir sur la campagne présidentielle américaine et plus précisément sur un soi-disant ressort fondamental de la victoire du magnat immobilier face à Hillary Clinton. D’aucuns ont vu dans cette victoire l’avènement de la post-vérité – comprenez une ère où la vérité ne serait guère importante puisque celle-ci a toutes les peines du monde à se frayer un chemin parmi les multiples mensonges.

Au-delà de la simple critique des électeurs de Trump présentés comme des hordes de fascistes, racistes, homophobes, etc., s’est nichée une autre critique à l’égard des réseaux sociaux qui auraient contribué à la défaite de Clinton, cette représentante de l’oligarchie mondialisée. Les médias dominants, de part et d’autre de l’Atlantique, se sont en effet empressés d’accuser Facebook et Twitter sous prétexte que ces deux réseaux sociaux contribuaient à fabriquer ce que l’on a placé sous le vocable de bulles informationnelles. Pour résumer, ce qui a été reproché aux deux géants des réseaux sociaux, c’est que leur algorithme participait à enfermer les gens dans leur propre pensée en ne leur proposant que des contenus allant dans le sens de leur opinion (terme qui rejoint ici sa définition originelle dans la mesure où le terme dérive du mot opiner signifiant dire oui de la tête). Que les médias dominants aient sauté sur l’occasion pour attaquer Facebook et Twitter ne manque pas de sel et ce, pour plusieurs raisons. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (4/4)

Quatrième lettre

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Jaurès, Discours à la jeunesse

 

Voici venu le temps des derniers mots. J’ai encore une chose à vous dire qui sera la dernière. Je veux vous dire comment il est possible que nous ayons été si semblables et que nous soyons aujourd’hui séparés, comment j’aurais pu être à vos côtés et pourquoi maintenant presque tout est fini entre nous.

Nous avons longtemps cru ensemble que ce monde politicien était complétement vérolé. Je le crois encore. Mais j’en ai tiré d’autres conclusions que celles dont vous me parliez alors et que, depuis tant de mois, vous essayez de faire entrer dans l’Histoire. Je me dis aujourd’hui que si je vous avais réellement suivi dans ce que vous pensez, je devrais vous donner raison dans ce que vous faites. Et cela est si grave qu’il faut bien que je m’y arrête.

Vous n’avez jamais cru que les élites politiques de ce pays pouvaient s’occuper du bien commun et vous en avez tiré l’idée qu’il fallait renverser ce système coûte que coûte. Vous avez supposé qu’en l’absence de mouvement citoyen massif, il fallait se reposer sur une figure providentielle. Vous en avez tiré la conclusion que Jean-Luc Mélenchon était le plus à même de faire advenir ce renversement et vous avez donc décidé de le suivre aveuglément en ne critiquant ni l’homme ni les idées. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (3/4)

Troisième lettre

 

Je vous ai parlé jusqu’ici de la gauche et vous avez pu penser au début que mon langage avait changé. En réalité, il n’en était rien. C’est seulement que nous ne donnions pas le même sens aux mêmes mots, nous ne parlons plus la même langue. Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu’ils suscitent. Et celui de gauche prend chez vous des reflets aveugles et sectaires, qui me le rendent à jamais étranger, tandis que nous avons mis dans le même mot la flamme d’une action où le courage est plus difficile, mais où l’humain trouve du moins tout son compte. Vous l’avez compris pour finir, mon langage, vraiment, n’a jamais changé. Celui que je vous tenais avant l’apparition de la France Insoumise, c’est celui que je vous tiens aujourd’hui.

Ce qui vous rend insupportable à mes yeux n’est pas tant le fait que vous pensiez différemment sur des sujets primordiaux. C’est bien plus votre propension à vouloir exclure du champ de la gauche tous ceux qui osent émettre une critique à l’encontre de votre leader ou qui ne pensent pas comme vous. Je vous entendais dire récemment que lorsque l’on menait le combat pour l’émancipation, on devait nécessairement le mener à vos côtés et à ceux de Jean-Luc Mélenchon. Vous alliez même plus loin en dénonçant les contempteurs de votre leader ou de certaines de vos idées en affirmant qu’il n’existait pas de gauche en dehors de vous. Ajoutant l’insulte au sectarisme vous avez même affirmé que tous ceux qui osaient vous critiquer étaient purement et simplement du côté de l’oppression un peu comme si vous étiez les seuls et uniques garants de la lutte pour l’émancipation. Pour paraphraser une formule qui n’est pas de moi, vous n’avez pas le monopole de cette lutte. En vous plaçant dans cette position d’excommunicateur vous participez bien plus à la division qu’au renforcement de vos idées. Là encore nous nous séparons. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (2/4)

Deuxième lettre

 

Je vous ai déjà écrit et je vous ai écrit sur le ton de la certitude. Par-dessus dix mois de séparation, je vous ai dit pourquoi nous étions les plus forts ; à cause de ce détour où nous sommes allés chercher nos raisons, de ce retard où nous a mis l’inquiétude de notre droit, à cause de cette folie où nous étions de vouloir concilier tout ce que nous aimions. Mais cela vaut qu’on y revienne. Je vous l’ai déjà dit, nous avons payé chèrement ce détour. Plutôt que de risquer l’injustice, nous avons préféré le désordre. Mais en même temps, c’est ce détour qui fait aujourd’hui notre force.

Oui, je vous ai dit tout cela et sur le ton de la certitude, sans une rature, sans une hésitation. C’est aussi que j’ai eu le temps d’y penser. La méditation se fait dans la nuit. Depuis des décennies, une longue nuit s’est faite sur nos idéaux. Depuis des décennies, nous poursuivons dans les ténèbres la pensée qui, aujourd’hui, semble sortir et s’armer. Déjà il y a dix mois, je m’inquiétais de la démarche de votre leader. Depuis, du temps est passé et mes divergences de vue avec vous ont dépassé le simple cadre de la démarche. Initialement je ne reprochais que la démarche à votre candidat, cette démarche un peu césariste dans une Vème République qui se gargarise de ce modèle. Je me sentais proche de vous au niveau des idées mais aujourd’hui, même à ce niveau-là, des divergences fondamentales se font jour. Au fur et à mesure, ce qui semblait être une solide convergence d’idées entre vous et moi s’est craquelée. L’honnêteté intellectuelle qui guide ces missives sont un impératif pour moi et je me dois de reconnaître que sur bien des sujets vos idées demeurent proches des miennes. Sur la mise en place d’une nouvelle République, sur l’écologie, sur les réformes économiques j’ai de nombreux points de convergence avec vous. Cela ne signifie pas pour autant – j’y reviendrai plus tard – que mes critiques à l’égard de votre leader aient disparu, loin de là. Nous sommes donc d’accord sur bien des choses mais cela n’est pas suffisant. J’ai, en effet, de francs désaccords avec vous sur bien des sujets qui sont loin d’être secondaires. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (1/4)

Prologue

 

Les Lettres à un ami insoumis que vous allez lire sont le fruit d’un long cheminement. Depuis quelques semaines, une guerre de communication ouverte a lieu entre Mediapart d’une part et de nombreux insoumis d’autre part. Cette guerre qui était larvée a éclaté au grand jour à la suite notamment d’articles sur la situation syrienne en général, aleppine en particulier. Il ne s’agit pas, dans ces lettres, de prendre parti ou de défendre tel ou tel protagoniste. Je crois au contraire que ces personnes sont assez grandes pour le faire elle-même et les débats houleux dans les commentaires et blogs de Mediapart sont là pour en témoigner.

Mais je ne puis publier ces lettres sans dire ce qu’elles sont. Elles sont écrites et publiées dans un grand moment de combat politique et visent en quelque sorte à éclairer le combat aveugle dans lequel nous nous trouvons afin de tenter de rendre plus efficace ce combat. Ce sont des écrits de circonstances qui pourront – dans une relecture future – avoir quelque air d’injustice. Si l’on devait écrire dans quelques mois ou années sur le même sujet après que les élections aient eu lieu, peut-être devrions nous tenir un langage légèrement différent. Toutefois, je voudrais simplement prévenir d’un malentendu possible. Lorsque l’auteur de ces lettres dit « vous » il ne veut pas dire « vous tous insoumis » mais « vous autres zélotes de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon ». Quand il dit « nous », cela ne signifie pas plus « nous autres personnes de gauche hors de la France Insoumise » mais « nous autres, femmes et hommes de gauche capables de prendre du recul et de faire preuve de mesure » comme la France Insoumise en compte assurément. Ce sont deux attitudes que j’oppose, non deux groupes définis de personnes. Pour résumer, j’aime trop mon engagement pour être sectariste. Et je sais que ni la France Insoumise, ni ses contempteurs, ne perdraient rien, au contraire, à s’ouvrir sur une vision plus large. Mais nous sommes encore loin du compte et la gauche est toujours déchirée. C’est pourquoi j’aurais honte aujourd’hui si je laissais croire qu’un partisan des idéaux de gauche puisse être l’ennemi de toute la France Insoumise. Je ne déteste que les bourreaux. Tout lecteur qui voudra bien lire les Lettres à un ami insoumis dans cette perspective, c’est-à-dire comme un document de la lutte contre la division mortifère, admettra que je puisse dire que je n’en renie pas un seul mot. Lire la suite

Quotidien, le TPMP de l’actualité ?

Lorsqu’on regarde Quotidien sur TMC, il flotte comme un air de Lampedusa. Non pas cette petite île italienne – sujet que l’émission de Yann Barthès a déjà traité par le passé (surtout lorsqu’il présentait Le Petit journal) –  devenue à la fois forteresse macabre et cimetière mais l’auteur du Guépard. Dans le roman, le neveu du personnage éponyme, Tancredi Falconeri affirme que « pour que tout reste comme avant, il faut que tout change », phrase que l’on a souvent modifiée en « il faut que tout change pour que rien ne change ». Dans le cas de Quotidien, cette phrase s’applique doublement, dans une sorte de mise en abîme. La première application, la plus évidente, concerne le passage de Canal + à TMC puisque Yann Barthès a recréé presque tout l’esprit du Petit journal sur la chaine du groupe de TF1.

La deuxième application, bien plus intéressante celle-là, est à propos du format même de l’émission présentée par Yann Barthès – ce qui englobe Quotidien mais aussi Le Petit journal dans ses dernières années. Le surgissement de cette émission dans le paysage audiovisuel français a été présenté comme une profonde rupture. L’infotainment à l’américaine arrivait en France. La réalité c’est bien plutôt que le système médiatique dominant s’est adapté pour conserver sa prééminence. Depuis le début de la saison Touche Pas à Mon Poste et Quotidien se tirent la bourre. Les deux talk-shows luttent en effet pour être l’un devant l’autre. Nombreux sont les téléspectateurs de Quotidien à pérorer avec arrogance sur le fait qu’eux regardent un programme intellectuel tandis que TPMP n’est qu’un ramassis d’absurdités. Pourtant, y a-t-il réellement une différence de nature ou simplement une différence de degré entre les deux émissions ? Alors oui l’émission de Cyril Hanouna a encore passé un stade cette année dans les blagues graveleuses et autres défis ridicules, oui Quotidien traite parfois (assez rarement tout de même) de sujets graves mais dans le fond les deux émissions me semblent répondre à une même logique.

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Alep, notre Guernica (4/4): l’ensauvagement du monde

Le terrorisme va commencer

 

Le titre de cette sous-partie peut heurter voire même choquer. Nombreux seront sans doute ceux qui rétorqueront que depuis bientôt deux ans – et l’attaque de Charlie Hebdo – le terrorisme est bien ancré dans les sociétés occidentales en général et française en particulier. Depuis plus longtemps encore, le Moyen-Orient est frappé durement par ces attaques meurtrières. Il ne s’agit évidemment pas de nier toutes les victimes passées du terrorisme mais si j’utilise l’assertion « le terrorisme va commencer » c’est pour affirmer que le terrorisme de grande ampleur va sans doute débuter avec la chute d’Alep. En premier lieu en Syrie. Bachar Al Assad et Vladimir Poutine nous expliquent qu’ils ont bombardé des terroristes mais comme l’explique brillamment Denis Sieffert dans son édito publié par Politis, depuis la nuit des temps les insurgés sont catalogués comme terroristes. La réalité, c’est que l’attaque sanglante contre Alep possèdent toutes les caractéristiques pour libérer les puissances du terrorisme de grande échelle : martyr de civils, ressentiment monstrueux à l’égard des Russes mais aussi de toute la communauté internationale qui a regardé sans rien faire, côtoiement de la barbarie la plus totale, tout est réuni pour que des survivants d’Alep basculent dans l’action violente. Pendant que Poutine et Al Assad assassinaient des civils à Alep au nom de la guerre contre le terrorisme, les vrais terroristes reprenaient, eux, la ville de Palmyre. Nombreux sont les analystes qui nous expliquent que la reprise d’Alep par le régime marque un tournant décisif dans la guerre en Syrie. Je crois au contraire qu’elle marque simplement une étape dans ce conflit. Le terrorisme va réellement démarrer à Alep et dans une guérilla du faible au fort, ce n’est quasiment jamais le fort qui l’emporte, l’histoire nous le montre. Lire la suite

Alep, notre Guernica (3/4): la tragédie venue de plus loin

Le triomphe de l’absurde

 

« L’absurde, écrit Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe, naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. C’est cela qu’il ne faut pas oublier ». Plus loin, il ajoute : « Je suis donc fondé à dire que le sentiment de l’absurdité ne naît pas du simple examen d’un fait ou d’une impression mais qu’il jaillit de la comparaison entre un état de fait et une certaine réalité, entre une action et le monde qui la dépasse. L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés. Il naît de leur confrontation ». En ce sens, il me semble que tout le conflit en Syrie est un puissant moment d’absurde camusien. Qu’est donc ce conflit – et depuis quelques jours Alep en est le symbole le plus éclatant – sinon un appel lancé par une population qui ne rencontre qu’un silence déraisonnable de la part de la communauté internationale ? Il peut, en effet, être confortable et même rassurant de se dire que l’horreur vient de surgir en Syrie sous les bombes russes et les couteaux iraniens. C’est cependant faire fi de la réalité des faits. Voilà désormais près de six années que ce conflit sanglant a commencé et l’horreur est montée graduellement. Il y a eu comme un divorce entre la population syrienne et ce que l’on appelle pompeusement la communauté internationale. A l’inverse, nulle trace de l’absurde entre le régime syrien et Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas ignoré l’appel de son allié et s’est porté à son secours pour l’empêcher d’être balayé. Les massacres aux armes chimiques étaient censés constituer une ligne rouge et il n’en fut rien. Voilà désormais des années que nous répondons par un silence assourdissant à l’appel lancé par l’humanité. Lire la suite

Alep, notre Guernica (2/4): le miroir tendu

Humanité dans l’atrocité versus inhumaine humanité

Le postulat défendu ici est le suivant : l’indifférence dont nous faisons preuve vis-à-vis du martyr d’Alep cache quelque chose de plus profond. Ce n’est sans doute simplement pas notre impuissance qui a cédé le pas à une froide indifférence. Je pense au contraire que c’est précisément parce qu’Alep nous tend un miroir qui reflète une humanité monstrueuse que nous détournons le regard. Depuis des mois et des mois, une nuit semble s’être faite sur la deuxième ville syrienne. Pourtant, sous les bombes russes et les tirs de mortier syriens, les Aleppins ont conservé leur humanité. Ils sont le visage et la voix de la dignité humaine. Tels les héros de La Peste, les Aleppins s’entraident face au fléau qui s’abat sur eux. Ils ont décidé, à leur échelle, de n’être ni victime ni bourreau. Les casques blancs sont là pour en témoigner. Alep est en ce moment-même l’un des endroits les plus sombres de cette planète mais est-ce pour autant que les ombres ont tout recouvert dans la ville ? Assurément pas. C’est parfois des endroits les plus sombres que jaillissent les lumières les plus éclatantes et les plus impressionnantes. Alep est actuellement l’un de ces endroits. De ces familles qui partagent la pitance à cet homme qui fait le tour d’Alep Est pour distribuer de l’eau (électricité et eau courantes ne sont plus disponibles depuis longtemps dans la ville), les Aleppins montrent à l’humanité qui détourne le regard qu’ils ont su demeurer humains, profondément humains, dans cette tragédie funeste qui les frappe. Il ne s’agit assurément pas d’idéaliser la totalité de la population aleppine. Oui près d’un tiers des rebelles sont issus des rangs du terrorisme islamiste mais dans la ville en quarantaine, l’humanité n’a pas encore disparu. Lire la suite