La semaine dernière, François Fillon s’est rendu dans un centre Emmaüs pour affirmer que la lutte contre la pauvreté était l’une de ses priorités, profitant de l’occasion pour tenter de démontrer que son programme n’était pas si violent que ça socialement. Parallèlement, dans le congrès mortuaire du Parti Socialiste que l’on appelle primaire de la Belle Alliance Populaire, la mise en place d’un revenu universel continuait à se placer au cœur du débat – il ne sera question du revenu universel que très partiellement au cours de ce papier, je considère en effet qu’une telle notion mérite un billet à part entière. Benoît Hamon a notamment été attaqué par les trois autres participants socialistes à la primaire qui lui ont intenté un procès en utopie.
Que ce soit le candidat désigné par Les Républicains ou les protagonistes de la primaire du Parti Socialiste, la semaine dernière s’est donc placée sous le signe de la lutte contre la pauvreté, qui serait désormais la valeur la mieux partagée sur l’échiquier politique français. Au-delà du ridicule d’une telle proposition, il faut, je crois, s’attarder sur cette question de lutte contre la pauvreté. Celle-ci révèle, à mes yeux, à la fois une forme de dérive et un dévoiement de la justice sociale. C’est précisément en ce sens que la lutte contre la pauvreté me paraît être le dernier piège que nous tend le néolibéralisme – dernier dans le sens le plus récent et non pas ultime. Ce piège tendu par le capitalisme néolibéral financiarisé est repris sur quasiment l’ensemble de l’échiquier politique, ce qui montre bien l’efficacité d’une telle démarche. Lire la suite
