François Fillon, le candidat de Les Républicains à la présidentielle de 2017, l’a dit assez souvent et très clairement : pour lui il faut cesser avec le sanglot de l’Homme blanc vis-à-vis de la colonisation. La France n’a pas à s’excuser « d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique » s’est-il même aventuré à dire. Au-delà de l’ineptie d’un tel propos, ce que semble oublier – ou feindre d’oublier – l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, c’est que notre pays continue de maintenir une pression folle sur les pays d’Afrique. Alors évidemment, aujourd’hui cette mainmise a changé de forme. Nous sommes passés d’une administration univoque et visible à une influence bien plus dissimulée et perverse.
Certains affirmeront que l’ère de la Françafrique est dépassée. François Hollande ne promettait-il pas, en effet, d’effacer le souvenir du quinquennat sarkozyste à ce niveau aussi ? Personne n’a oublié le fameux discours de Dakar de l’ancien Président et sa phrase sur l’Homme africain qui ne serait pas assez entré dans l’histoire, un discours en forme de crachat à son assistance. Pourtant, la Françafrique est loin d’être une époque révolue et François Hollande – dont on peut commencer à tirer le bilan définitif maintenant qu’il a annoncé qu’il ne briguerait pas de deuxième mandat hier soir – n’a fait reculer ni la présence militaire française en Afrique, ni la voracité des géants français de l’énergie, des transports ou de l’agroalimentaire et encore moins la mainmise française sur une des monnaies du continent. Lire la suite
