Avant-hier, sur les coups de 20 heures, Emmanuel Macron s’est exprimé depuis l’Elysée. Dans sa deuxième intervention depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le successeur de François Hollande a fait quelques annonces – nous y reviendrons – qui, aux yeux de tout un pan de l’éditocratie suffisent à décrire sa prise de parole vespérale comme un tournant social. Il n’est, en réalité, guère surprenant de voir l’ensemble de cette éditocratie dresser les louanges du monarque présidentiel après les quelques miettes qu’il a bien voulues concéder lundi soir. Il faut effectivement dire que ceux-ci étaient bien désemparés en regard de l’absence de réaction de Monsieur Macron et bien en peine de faire autre chose que de jouer les chiens de garde – plutôt devrions-nous dire les caniches tant ils ne font plus peur à grand monde – face aux revendications des gilets jaunes et la colère sourde qui montait dans le pays.
Pourtant, et malgré le grand renfort de propagande (il faut bien appeler les choses par leur nom) de tous ces éditorialistes en vue, il semblerait que les annonces d’Emmanuel Macron n’aient pas convaincu grand monde et ne soient pas à même de mettre fin au mouvement des gilets jaunes. La plupart des articles sortis hier et traitant des réactions desdits gilets jaunes aux annonces du monarque présidentiel semblent tisser une sorte de fil d’Ariane assurément symbolisé par la conviction qu’il n’a pas réellement compris ou répondu aux attentes et colères exprimées. Ce scepticisme et cette colère croissante s’expliquent évidemment par le fait que Monsieur Macron n’a fait aucun virage social et a essayé d’enfumer tout le monde, ce qui n’a pas marché.
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