Pourquoi une légalisation hâtive du cannabis serait absurde

150 personnalités marseillaises, dont des représentants politiques tels que Patrick Mennucci ou Marie-Arlette Carlotti, ont publié le 8 janvier dernier une tribune plaidant pour une « légalisation contrôlée du cannabis ». Affirmant que « Marseille souffr[ait] des dommages causés par la prohibition du cannabis » les signataires de cet appel ont affirmé qu’il « [était] temps d’agir ». En publiant cette tribune, les signataires faisaient le vœu que le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert au cours de la campagne à venir. Leur vœu semble avoir été entendu puisque lors du deuxième débat de la primaire de la Belle Alliance Populaire, les différents candidats ont été appelés à se positionner sur ce sujet.

Des quatre candidats socialistes, seul Manuel Valls s’est prononcé fermement contre la légalisation arguant que c’était mettre en péril l’autorité de l’Etat. A l’inverse Benoît Hamon – qui a inscrit ladite légalisation dans son programme et qui est arrivé en tête hier soir – Vincent Peillon et Arnaud Montebourg semblaient, eux plus ouverts à une telle proposition. Il me semble pourtant qu’une légalisation hâtive qui ne tiendrait pas compte des réalités de terrain serait absurde au sens que donnait Albert Camus à ce terme. « L’absurde, écrit-il dans Le Mythe de Sisyphe naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». Dans sa conception, l’absurde réside avant tout d’un divorce. Aucune chose n’est absurde en elle-même, c’est précisément la confrontation entre deux éléments qui peut aboutir au sentiment d’absurdité. Je crois précisément que la légalisation hâtive du cannabis répond à cette logique : ce n’est pas la légalisation en elle-même qui est absurde mais précisément une légalisation trop rapide et sans analyse de la situation. Lire la suite

La bataille des villes (4/4): la longue route semée d’embûches

Le piège de la personnalisation

 

Nous l’avons vu dès le début de ce dossier, réinventer le municipalisme français pour ensuite réinventer notre démocratie suggère de se détacher – au moins en partie – du système représentatif, qui porte en lui-même les germes d’une désobéissance des élus vis-à-vis de leurs électeurs. Toutefois, si l’on regarde ce qui s’est produit en Espagne dans les villes où les confluences ont été portées au pouvoir (notamment à Barcelone et à Madrid), on constate que les plateformes citoyennes l’ont également emporté car leur tête de gondole était une personnalité civile charismatique et qui a su porter l’espérance. Manuela Carmena à Madrid était connue comme une juge antifranquiste et jouissait d’une popularité exorbitante de la même manière que la lutte contre le mal-logement et les expulsions locatives avaient fait d’Ada Colau une figure barcelonaise incontournable. Depuis leur entrée en fonction, ces deux maires s’efforcent de ne pas personnaliser le pouvoir mais le fait est que leur personne a joué un rôle non négligeable dans la victoire aux municipales et donc dans l’établissement de ce que l’on appelle les mairies rebelles. Comment, dès lors, éviter une hyper personnalisation de ces confluences alors même que la victoire est parfois intimement liée à leur leader ? Lire la suite

La bataille des villes (3/4): réinventer le municipalisme français

Confluence et intersectionnalité

 

Réinventer le municipalisme français suggère d’emblée d’aborder l’échéance électorale de manière différente de ce qui se fait actuellement par les partis. C’est précisément ici que les notions de confluence et d’intersectionnalité entrent en jeu puisque la première permet de faire émerger des coalitions de personnes pleinement concernées par la deuxième. L’intersectionnalité est cette notion qui s’intéresse aux phénomènes discriminatoires qui peuvent frapper tel ou tel type de population. Popularisé par Angela Davies aux Etats-Unis, le concept met en exergue le fait qu’une même personne peut subir de multiples types de discrimination. Celui-ci peut permettre, en outre, de faire converger les luttes comme Nuit Debout souhaitait le faire au printemps dernier. Toutefois, si une logique de confluence a toutes les chances d’aboutir dans beaucoup de municipalités françaises, il faut garder à l’esprit qu’on ne décrète ni la convergence ni la confluence. Au contraire, celle-ci ne peut être que le fruit d’un travail de fond et long de convergence progressive entre différents mouvements sociaux, associatifs ou même partisans. En Espagne, les confluences victorieuses l’ont été parce qu’elles ne se sont fermées aucune porte de telle sorte que certains partis pouvaient y participer – à la condition bien sûr de se plier aux règles communes. Seule une démarche réellement collective de co-construction peut permettre d’atteindre l’objectif qui est à la fois simple dans sa définition et très ambitieux dans sa réalisation : réinventer le municipalisme à la française. Lire la suite

La bataille des villes (2/4): le terreau et la graine plantée

La FAGE ou le discret coup de tonnerre

 

Il y a quelques semaines – le 29 novembre pour être précis – la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) est arrivée en tête des élections des CROUS devançant ainsi l’UNEF (l’Union National des Etudiants de France). C’est dans une indifférence quasi-totale que ce bouleversement a frappé le syndicalisme étudiant. L’UNEF était en effet le premier syndicat étudiant depuis des décennies et le fait qu’il ait été supplanté par la FAGE pourrait bien avoir des conséquences en dehors du simple cadre étudiant. Au-delà du caractère historique de cette victoire pour le petit monde des instances universitaires, celle-ci en dit effectivement long sur les dynamiques à l’œuvre dans notre pays et sur l’avenir de la politique française. La FAGE est un syndicat relativement jeune puisque fondé dans les années 1980 et détonne dans le paysage étudiant. Au milieu des autres syndicats très politisés dont l’UNEF est la tête de gondole, celle-ci pratique un apolitisme qui tranche. Si la FAGE est surtout connue pour les soirées arrosées qu’elle organise un peu partout en France, c’est un autre élément qui lui a valu la victoire : le fait d’être dans l’action contrairement à nombre de syndicats étudiants qui se contentent de servir de relais à des partis, à commencer par l’UNEF. En ce sens, la victoire récente de la FAGE est la récompense d’une forme de pragmatisme et de l’action de terrain. En parallèle, le syndicat se garde bien de prendre position sur les grandes questions politiques et sociales – leur neutralité lors du conflit autour de la Loi travail est là pour en témoigner. Lire la suite

La bataille des villes (1/4): entre déprime et espoir

Notre démocratie est malade. Gravement malade. On ne compte plus les symptômes qui attestent de cette maladie qui ronge notre système politique et qui, un jour, livrera peut-être le pays à des troubles bien profonds. De l’abstention galopante à l’impuissance (feinte ou réelle) des élus à faire face aux maux qui frappent notre société en passant par la désertion des partis politiques, nombreux sont les indicateurs qui viennent souligner la profonde crise démocratique que traverse notre pays. 2017 sera une année importante en termes électoraux puisqu’elle verra se tenir la présidentielle puis les législatives. Un nombre conséquent de candidats nous promettent une révolution s’ils sont élus. Si pour certains cela peut paraître relativement crédible (Mélenchon par exemple) pour d’autres, en revanche, la révolution promise a de grandes chances de n’être qu’un tour sur soi pour revenir au point de départ ou, pire, accentuer la crise déjà présente. Lorsque François Fillon affirme qu’il veut gouverner par ordonnances, il ne fait que s’inscrire dans la lignée de la Vème République qui veut que le président-monarque dispose de tous les pouvoirs ou presque. Il est assez dramatique de voir à quel point le monde politicien semble être sourd aux appels de la population à une meilleure démocratie et il est assez navrant – pour ne pas dire plus – de voir les acteurs de ce monde verrouiller un système dont beaucoup de Français ne veulent plus.

Face à ce constat ahurissant que convient-il de dire ou de faire ? Revenir à la définition première du mot crise me semble être un préalable pertinent. Etymologiquement, le terme crise signifiait deux choses à la fois : en latin il renvoie à une « manifestation grave d’une maladie » tandis qu’en grec il se rapporte au choix. En ce sens, il est pleinement pertinent de parler aujourd’hui de crise démocratique dans la mesure où notre démocratie souffre d’une maladie qui me semble grave tant la défiance monte telle une marée et que nous nous retrouvons à la croisée des chemins, au moment d’un choix décisif pour notre avenir. « La crise, écrivait Antonio Gramsci, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ». En d’autres termes, la crise est ce moment de transition entre le crépuscule d’un monde et l’aube d’un autre. Nous voilà jetés dans un tel moment. Quoi de plus logique pour aller dans le sens d’une démocratie plus proche des citoyens que de passer par l’échelon des villes ? L’Espagne en a fait l’expérience et, bien que des limites certaines se fassent sentir, il y a des réussites tangibles et concrètes. Il ne s’agit évidemment pas de copier bêtement ce qui a pu se faire en Espagne mais plutôt de s’inspirer de cela tout en adaptant la logique aux spécificités françaises – un jacobinisme exacerbé notamment. A l’heure où l’équivalent du sorpaso – comprendre le dépassement de la social-démocratie par une gauche radicale au sens premier du terme – a de très fortes chances de se produire dans quelques mois, je crois qu’une fenêtre de tir historique s’est ouverte afin de réinventer le municipalisme français pour mieux faire évoluer notre système exténué et à bout de souffle. Et si finalement la date la plus importante n’était pas 2017 mais 2020 ? C’est la modeste ambition de ce dossier que d’exposer le pourquoi et le comment d’une telle conviction. Lire la suite

La lutte contre la pauvreté, dernier piège du néolibéralisme

La semaine dernière, François Fillon s’est rendu dans un centre Emmaüs pour affirmer que la lutte contre la pauvreté était l’une de ses priorités, profitant de l’occasion pour tenter de démontrer que son programme n’était pas si violent que ça socialement. Parallèlement, dans le congrès mortuaire du Parti Socialiste que l’on appelle primaire de la Belle Alliance Populaire, la mise en place d’un revenu universel continuait à se placer au cœur du débat – il ne sera question du revenu universel que très partiellement au cours de ce papier, je considère en effet qu’une telle notion mérite un billet à part entière. Benoît Hamon a notamment été attaqué par les trois autres participants socialistes à la primaire qui lui ont intenté un procès en utopie.

Que ce soit le candidat désigné par Les Républicains ou les protagonistes de la primaire du Parti Socialiste, la semaine dernière s’est donc placée sous le signe de la lutte contre la pauvreté, qui serait désormais la valeur la mieux partagée sur l’échiquier politique français. Au-delà du ridicule d’une telle proposition, il faut, je crois, s’attarder sur cette question de lutte contre la pauvreté. Celle-ci révèle, à mes yeux, à la fois une forme de dérive et un dévoiement de la justice sociale. C’est précisément en ce sens que la lutte contre la pauvreté me paraît être le dernier piège que nous tend le néolibéralisme – dernier dans le sens le plus récent et non pas ultime. Ce piège tendu par le capitalisme néolibéral financiarisé est repris sur quasiment l’ensemble de l’échiquier politique, ce qui montre bien l’efficacité d’une telle démarche. Lire la suite

Donald J. Trump, les médias et les bulles informationnelles

Il y a un peu plus de deux mois, le monde était frappé par un séisme aussi inattendu que soudain : la victoire de Donald J. Trump lors de l’élection présidentielle américaine. Dans 9 jours, le même Trump sera officiellement investi de la fonction suprême aux Etats-Unis, le consacrant « chef du monde libre » selon l’expression utilisée jusqu’à la corde par nos chers médias. Cette investiture à venir nous donne, il me semble, l’occasion de revenir sur la campagne présidentielle américaine et plus précisément sur un soi-disant ressort fondamental de la victoire du magnat immobilier face à Hillary Clinton. D’aucuns ont vu dans cette victoire l’avènement de la post-vérité – comprenez une ère où la vérité ne serait guère importante puisque celle-ci a toutes les peines du monde à se frayer un chemin parmi les multiples mensonges.

Au-delà de la simple critique des électeurs de Trump présentés comme des hordes de fascistes, racistes, homophobes, etc., s’est nichée une autre critique à l’égard des réseaux sociaux qui auraient contribué à la défaite de Clinton, cette représentante de l’oligarchie mondialisée. Les médias dominants, de part et d’autre de l’Atlantique, se sont en effet empressés d’accuser Facebook et Twitter sous prétexte que ces deux réseaux sociaux contribuaient à fabriquer ce que l’on a placé sous le vocable de bulles informationnelles. Pour résumer, ce qui a été reproché aux deux géants des réseaux sociaux, c’est que leur algorithme participait à enfermer les gens dans leur propre pensée en ne leur proposant que des contenus allant dans le sens de leur opinion (terme qui rejoint ici sa définition originelle dans la mesure où le terme dérive du mot opiner signifiant dire oui de la tête). Que les médias dominants aient sauté sur l’occasion pour attaquer Facebook et Twitter ne manque pas de sel et ce, pour plusieurs raisons. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (4/4)

Quatrième lettre

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Jaurès, Discours à la jeunesse

 

Voici venu le temps des derniers mots. J’ai encore une chose à vous dire qui sera la dernière. Je veux vous dire comment il est possible que nous ayons été si semblables et que nous soyons aujourd’hui séparés, comment j’aurais pu être à vos côtés et pourquoi maintenant presque tout est fini entre nous.

Nous avons longtemps cru ensemble que ce monde politicien était complétement vérolé. Je le crois encore. Mais j’en ai tiré d’autres conclusions que celles dont vous me parliez alors et que, depuis tant de mois, vous essayez de faire entrer dans l’Histoire. Je me dis aujourd’hui que si je vous avais réellement suivi dans ce que vous pensez, je devrais vous donner raison dans ce que vous faites. Et cela est si grave qu’il faut bien que je m’y arrête.

Vous n’avez jamais cru que les élites politiques de ce pays pouvaient s’occuper du bien commun et vous en avez tiré l’idée qu’il fallait renverser ce système coûte que coûte. Vous avez supposé qu’en l’absence de mouvement citoyen massif, il fallait se reposer sur une figure providentielle. Vous en avez tiré la conclusion que Jean-Luc Mélenchon était le plus à même de faire advenir ce renversement et vous avez donc décidé de le suivre aveuglément en ne critiquant ni l’homme ni les idées. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (3/4)

Troisième lettre

 

Je vous ai parlé jusqu’ici de la gauche et vous avez pu penser au début que mon langage avait changé. En réalité, il n’en était rien. C’est seulement que nous ne donnions pas le même sens aux mêmes mots, nous ne parlons plus la même langue. Les mots prennent toujours la couleur des actions ou des sacrifices qu’ils suscitent. Et celui de gauche prend chez vous des reflets aveugles et sectaires, qui me le rendent à jamais étranger, tandis que nous avons mis dans le même mot la flamme d’une action où le courage est plus difficile, mais où l’humain trouve du moins tout son compte. Vous l’avez compris pour finir, mon langage, vraiment, n’a jamais changé. Celui que je vous tenais avant l’apparition de la France Insoumise, c’est celui que je vous tiens aujourd’hui.

Ce qui vous rend insupportable à mes yeux n’est pas tant le fait que vous pensiez différemment sur des sujets primordiaux. C’est bien plus votre propension à vouloir exclure du champ de la gauche tous ceux qui osent émettre une critique à l’encontre de votre leader ou qui ne pensent pas comme vous. Je vous entendais dire récemment que lorsque l’on menait le combat pour l’émancipation, on devait nécessairement le mener à vos côtés et à ceux de Jean-Luc Mélenchon. Vous alliez même plus loin en dénonçant les contempteurs de votre leader ou de certaines de vos idées en affirmant qu’il n’existait pas de gauche en dehors de vous. Ajoutant l’insulte au sectarisme vous avez même affirmé que tous ceux qui osaient vous critiquer étaient purement et simplement du côté de l’oppression un peu comme si vous étiez les seuls et uniques garants de la lutte pour l’émancipation. Pour paraphraser une formule qui n’est pas de moi, vous n’avez pas le monopole de cette lutte. En vous plaçant dans cette position d’excommunicateur vous participez bien plus à la division qu’au renforcement de vos idées. Là encore nous nous séparons. Lire la suite

Lettres à un ami insoumis (2/4)

Deuxième lettre

 

Je vous ai déjà écrit et je vous ai écrit sur le ton de la certitude. Par-dessus dix mois de séparation, je vous ai dit pourquoi nous étions les plus forts ; à cause de ce détour où nous sommes allés chercher nos raisons, de ce retard où nous a mis l’inquiétude de notre droit, à cause de cette folie où nous étions de vouloir concilier tout ce que nous aimions. Mais cela vaut qu’on y revienne. Je vous l’ai déjà dit, nous avons payé chèrement ce détour. Plutôt que de risquer l’injustice, nous avons préféré le désordre. Mais en même temps, c’est ce détour qui fait aujourd’hui notre force.

Oui, je vous ai dit tout cela et sur le ton de la certitude, sans une rature, sans une hésitation. C’est aussi que j’ai eu le temps d’y penser. La méditation se fait dans la nuit. Depuis des décennies, une longue nuit s’est faite sur nos idéaux. Depuis des décennies, nous poursuivons dans les ténèbres la pensée qui, aujourd’hui, semble sortir et s’armer. Déjà il y a dix mois, je m’inquiétais de la démarche de votre leader. Depuis, du temps est passé et mes divergences de vue avec vous ont dépassé le simple cadre de la démarche. Initialement je ne reprochais que la démarche à votre candidat, cette démarche un peu césariste dans une Vème République qui se gargarise de ce modèle. Je me sentais proche de vous au niveau des idées mais aujourd’hui, même à ce niveau-là, des divergences fondamentales se font jour. Au fur et à mesure, ce qui semblait être une solide convergence d’idées entre vous et moi s’est craquelée. L’honnêteté intellectuelle qui guide ces missives sont un impératif pour moi et je me dois de reconnaître que sur bien des sujets vos idées demeurent proches des miennes. Sur la mise en place d’une nouvelle République, sur l’écologie, sur les réformes économiques j’ai de nombreux points de convergence avec vous. Cela ne signifie pas pour autant – j’y reviendrai plus tard – que mes critiques à l’égard de votre leader aient disparu, loin de là. Nous sommes donc d’accord sur bien des choses mais cela n’est pas suffisant. J’ai, en effet, de francs désaccords avec vous sur bien des sujets qui sont loin d’être secondaires. Lire la suite