A la mort d’Aldous Huxley en 1963, on a retrouvé des carnets avec des dizaines de manuscrits. Conformément à ses dernières volontés, lesdits manuscrits n’ont jamais été publiés et sont dévoilés de manière parcellaire au compte goutte. Parmi tous ces manuscrits, on trouve ce qui semble être, sinon la suite, au moins un cousin de son livre à succès Le Meilleur des mondes. Dans une écriture quasi illisible on croit pouvoir discerner le titre de son roman : Kidzania ou le pire des mondes. Aussi a-t-on la tentation de rapprocher ce manuscrit du livre que j’ai précédemment cité.
Si Aldous Huxley, dans Le Meilleur des mondes, dénonce les méfaits de l’eugénisme et les risques que fait courir ce modèle sur nos libertés, dans ce manuscrit l’auteur britannique émet une sévère critique du système capitaliste. Il y décrit la glorification de l’argent ainsi que l’avènement de ce qu’il désigne sous le vocable d’ère matérialiste. Il imagine même un symbole paroxystique de cette société toute entière dirigée vers le profit et l’accumulation de capital : Kidzania. Ce lieu fictif est, pour Aldous Huxley, l’endroit où les enfants sont éduqués au capitalisme de manière ludique (un peu comme les enfants éduqués très rapidement au plaisir et au soma dans Le Meilleur des mondes). Lire la suite
