Le féminisme, malade des féministes

L’évènement du parc Leo Lagrange à Reims a suscité de nombreuses réactions. Aux politiques, aux journalistes et à SOS Racisme qui, sans réfléchir, ont tout de suite crié à l’acte islamiste et crié en chœur que c’était notre mode de vie qui était attaqué sont venus s’ajouter certains féministes (ou personnes prétendant l’être) pour nous expliquer qu’il était scandaleux qu’on parle plus de «lutte contre l’islamisation de notre société» que de lutte contre les actes sexistes. Ainsi en est-il d’un long article de Madmoizelle. Cette position victimaire et provocatrice à bien des égards ne me semble pas être la bonne pour réellement faire avancer l’égalité entre les sexes.

Je sais bien que je ne me ferai pas que des amis en critiquant le féminisme tel qu’on le voit à l’œuvre aujourd’hui mais je ne pense pas être le seul à penser que les féministes d’aujourd’hui ont quelque peu dévoyé la lutte juste qui était celle des premières féministes. Lorsque Simone de Beauvoir publie Le Deuxième sexe en 1949, sa revendication d’égalité s’appuie à la fois sur une doctrine philosophique qui englobe hommes et femmes, l’existentialisme, et à la fois sur des références riches. Beauvoir incrimine presque autant les femmes, dont elle dénonce la passivité, la soumission et le manque d’ambition, que les hommes, qu’elle accuse de sexisme, de lâcheté et parfois de cruauté. Loin de la position doctrinaire et idéologique qu’a aujourd’hui prise le féminisme, ce mouvement d’émancipation des femmes qui a vu le jour après-guerre était aussi un mouvement fondé sur un certain dialogue. Dialogue que semble rejeter en bloc les féministes aujourd’hui. Lire la suite