« Il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse». Ce passage, épilogue célèbre de La Peste, résume bien notre position à propos de la pauvreté. Alors que l’on pensait que la marche en avant et le progrès des conditions sociales étaient irrésistibles, la froide réalité vient nous rattraper et nous montrer que non il ne faut jamais baisser la garde dans ce combat permanent.
Pour tout vous dire c’est la phrase de Jacques Séguéla qui m’a fait sortir de mes gonds. Après le coup de la vie ratée à 50 ans si on n’a pas de Rolex, le voilà qui nous explique que les SDF-lui les appelle «clochard» signe d’un certain dédain et d’un mépris pour ces personnes- pourraient mettre de côté 1500€ par mois s’ils le souhaitaient vraiment. C’est vrai que le SDF apprécie sa position et peut se payer le luxe de rester dans la rue par un froid glacial ou sous un soleil de plomb. Mais la problématique est bien plus large que celle des SDF, elle touche une part bien plus large de la population. Lire la suite
