En s’affirmant comme progressiste, lors de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron se présentait comme un libéral absolu – ce que Le Monde Diplomatique titra comme « l’extrême-centre ». Par libéral absolu il faut comprendre que Macron disait être libéral à la fois sur les plans économique et politique. En cela, son positionnement était réellement singulier puisqu’il se détachait de Valls ou Fillon qui eux sont libéraux économiquement mais illibéraux (voire franchement conservateurs) politiquement ainsi que de Mélenchon ou Hamon qui, au contraire, se présentaient libéraux politiquement mais hostiles au libéralisme économique. Finalement, en adoptant cette position, l’alors candidat reprenait une vieille antienne du néolibéralisme, celle qui affirme que la libéralisation économique s’accompagne d’une libéralisation politique. En d’autres termes, il s’agit de dire que l’économie de marché est le meilleur vectur de la démocratisation.
Cette fable, c’est bien entendu celle qui a été présentée lors de la chute de l’URSS aux anciennes démocraties populaires. Cette fable, c’est celle qui a fait imposer un peu partout l’économie de marché et le capitalisme néolibéral comme corollaire de la démocratie. En somme, cette fable est sans doute l’antienne la mieux partagée depuis la fameuse et fumeuse théorie de la fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Je crois pour ma part qu’il est urgent de déconstruire cette fable parce que non seulement elle ne décrit pas la réalité des choses mais que surtout, elle est l’inverse de la réalité du néolibéralisme. Toutefois, dans la logique qui le lie à l’autoritarisme, il me semble que nous sommes en train de franchir un de ces seuils qui peuvent précipiter des changements d’envergure, particulièrement en France et cela est très inquiétant. Lire la suite
