Marseille, casino minable

Parfois il arrive que la réalité rattrape la fiction. Il semblerait qu’à Marseille nous soyons en train de vivre un tel phénomène. Dans la série éponyme de Netflix, le maire de la ville Raymond Taro, joué par Depardieu, souhaite mettre en place une marina sur l’emplacement du J4 en y plaçant notamment un casino pour « revitaliser la ville ». C’est précisément ce qu’envisage de faire Jean-Claude Gaudin lui qui souhaite transformer la Villa Méditerranée en casino qui « apportera argent et touristes » à la ville. Si la réalité rejoint la fiction, je doute fortement qu’elle la rejoigne jusqu’au bout. Dans la série, en effet, le 1er adjoint au maire joué par Magimel refuse la mise en place de la marina. On peine à imaginer sans pouffer Dominique Tian faire de même.

Alors certes, le premier édile de la ville a semblé amorcer un rétropédalage hier au micro de France Inter. Il a expliqué que le casino ne se ferait pas forcément en lieu et place de la Villa Méditerranée mais qu’il restait convaincu du bien-fondé d’une telle démarche. Toutefois, dans le même temps Christian Estrosi a réaffirmé que la région avait bel et bien l’intention de se séparer de la Villa Méditerranée qui serait trop « couteuse ». Dans ce jeu de billard à plusieurs bandes, comme bien souvent dans les affaires marseillaises, le flou et l’enfumage semblent être de mise. En réalité, peu importe que le casino remplace ou pas la Villa Méditerranée, le simple fait que Monsieur Gaudin y ait pensé est signifiant en lui-même. Loin de n’être qu’une volonté isolée, celle-ci s’inscrit dans une logique présente depuis de nombreuses années et qui aboutit aujourd’hui à accroître la schizophrénie de la ville entre vitrine clinquante pour touristes et pauvreté toujours plus grande pour les habitants. Lire la suite

Discriminations, ce si pervers rapport

Au cours des dernières semaines, le sujet des discriminations s’est immiscé dans l’actualité avec une intensité rare. Pas moins de deux rapports et d’une intervention du défenseur des droits sont, en effet, venus agrémenter les sujets d’informations. C’est d’abord le défenseur des droits qui s’est alarmé de la persistance des discriminations présentes dans la société française. Son étude a démontré que les personnes de couleurs noires sont très souvent ramenées à leur couleur de peau quand les personnes arabes sont, elles, réduites à leur religion (musulmane) réelle ou supposée. C’est ensuite un rapport de la Cnesco (le Conseil national d’évaluation du système scolaire) qui a publié un rapport issu d’une étude longue de plusieurs années et qui démontre que l’école accentue « les inégalités sociales et de migrations ».

Toutefois, le rapport qui a le plus fait parler – bien que le sujet des discriminations n’a pas non plus été au cœur de l’actualité, n’en demandez pas trop – est sans conteste le rapport publié par France Stratégie et qui démontre que les discriminations représentent un manque à gagner pour l’économie du pays (les discriminations représenteraient un coût compris entre 3 et 14% du PIB). Si ce rapport a été accueilli de manière enthousiaste par certains, par beaucoup même, il me semble que celui-ci est particulièrement pervers. Pervers est ici pris dans son sens originel à savoir une chose qui semble bénéfique mais qui se révèle maligne sur le moyen ou le long terme. Alors oui, un tel rapport peut peut-être faire changer les choses mais pour des fins qui ne sont pas nobles. Lire la suite