« Selon que vous soyez puissants ou misérables, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » écrivait Jean de La Fontaine dans Les Animaux malade de la peste en 1678. Il semblerait que trois siècle et demi plus tard, cette maxime demeure plus vraie que jamais. Sommes-nous condamnés à être frappés pour toujours de cette peste qui provoque une vision troublée et des jugements partiaux ? On dirait bien que oui. Récemment, deux mouvements de protestations ont marqué l’actualité : la grève des journalistes d’I-Télé et les manifestations des policiers réclamant plus de moyens.
Mis en regard du grand mouvement de contestation à la loi El Khomri du printemps dernier, ces deux épisodes de protestation étonnent dans la mansuétude qui leur est accordée. Il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé ou non des diverses mobilisations mais simplement d’étudier la réception de ces mouvements dans les médias et dans la sphère politique pour bien mettre en évidence les différences de traitements envers les grévistes ou manifestants selon le motif de leur ire. Le droit de manifester est inscrit dans notre Constitution, celle qui régit notre République, notre Res Publica, notre chose commune. Aussi me parait-il évident d’exiger un traitement identique dans les mouvements sociaux. Chose qui est loin d’être le cas. Lire la suite
