La perspective renversée
Burkini, voile et signe religieux ou autant d’éléments qui prouveraient selon certains un refus d’intégration de la part des Français de confession musulmane. La résurgence du fait religieux surprend évidemment dans notre pays marqué par une sécularisation longue de plusieurs décennies, sécularisation prophétisée par Nietzsche et son célèbre « Dieu est mort ». Ce qui semble le plus dérouter observateurs, politiciens et citoyens lambda est sans aucun doute le fait que ce « retour du religieux » soit en partie portée par les jeunes générations. D’aucuns ne saisissent pas pourquoi les deuxième, troisième voire quatrième générations n’ont pas embrassé la logique de discrétion et de sécularisation. Aussi ces observateurs considèrent-ils l’absence de gêne vis-à-vis du fait religieux comme un refus d’intégration de ces jeunes générations dans la société. Ce propos est largement répandu dans les sphères médiatiques, politiques ou sur les réseaux sociaux. Et pourtant, il me semble que l’on pourrait élaborer une autre hypothèse qui consisterait à renverser cette perspective. Cette hypothèse, que je vais tenter d’expliciter ci-après, revient à dire que la religiosité affichée par les jeunes générations, loin d’être une marque de refus d’intégration, montre au contraire une intégration pleine et entière dans notre pays et notre société. En somme, il s’agit de retourner la perspective. Lire la suite
