Démocratie, autoritarisme et totalitarisme

Ulysse et les Sirènes – John William Waterhouse

En début de semaine, lors d’un déplacement à Stains, Emmanuel Macron a, au détour d’une phrase anodine, fait comprendre que le confinement pourrait durer encore quatre à six semaines. Répondant, en riant, à la question d’un jeune homme il a effectivement expliqué qu’il allait falloir « tenir encore un peu ». Cette nouvelle déclaration est venue confirmer la manière autoritaire dont est gérée la crise sanitaire depuis sa survenue. Loin de réellement consulter le Parlement, l’exécutif prend toutes ses décisions ou presque en conseil de défense, ce qui en dit assez long sur la pratique du pouvoir actuel.

Il serait toutefois erroné de circonscrire ces pratiques a-démocratiques – comprendre des pratiques qui ne s’embarrassent pas de consultation – à la gestion de la crise sanitaire. S’il est certain que la situation que nous vivons depuis un peu moins d’un an a renforcé certaines dynamiques qui lui préexistait, je suis personnellement bien plus enclin à voir dans ce qu’il s’est produit ces derniers mois une forme de révélation à grande échelle du caractère bâtard du système institutionnel dans lequel nous vivons et la confirmation que la France est bel et bien le pays le moins démocratique parmi ce que l’on appelle les « démocraties libérales ». The Economist – pas franchement connu pour être un organe gauchiste – ne s’y trompe d’ailleurs pas en plaçant notre pays dans la liste des démocraties dites défaillantes. Dès lors, l’articulation entre les notions de démocratie, d’autoritarisme voire de totalitarisme semble être un enjeu majeur pour la compréhension du régime politique dans lequel nous vivons.

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