Réforme ou révolution ? (à propos de la théorie moderne de la monnaie)

Chemin de fer, soleil couchant – Edward Hopper

[Avant-propos]: Ce billet s’appuie principalement sur l’ouvrage de Stéphanie Kelton, Le Mythe du déficit, et en est une recension partielle. Ainsi, les trois premières parties s’appuient uniquement sur les éléments avancés par cette théoricienne de la TMM tandis que la dernière s’applique à poser un regard plus critique sur celle-ci. Dans tous les cas, la recension étant par définition partielle et fonction de ma compréhension, si vous souhaitez vraiment approfondir le sujet je ne peux que vous inviter à lire l’ouvrage.

Quelques temps après le surgissement du Covid-19 et au moment de la mise en place des mesures de restrictions sanitaires telles que le confinement, une pensée s’est répandue dans certaines sphères de la gauche: le monde d’après, comprendre après le coronavirus, serait radicalement différent de ce que l’on avait connu depuis lors. Les plus optimistes y voyaient même une manière d’en finir avec le néolibéralisme voire avec le capitalisme. Il faut dire que, durant un temps, la folle logique de l’orthodoxie budgétaire a bel et bien été mise de côté, y compris par ses dévots les plus fervents de l’autre côté du Rhin. 

Pourtant, plus de 18 mois après le début de cette crise dont on ne voit pas la fin, il apparaît comme évident que le monde d’après n’est pas bien différent que le monde d’avant, qu’il est peut-être même un peu pire, qu’à la crise sanitaire encore présente viendront rapidement se superposer des crises économiques et sociales plus puissantes que celles que nous avons vu se mettre en place ces derniers temps (où, il faut le rappeler, la pauvreté a explosé). Dès lors, faut-il voir la relative montée en puissance de la théorie moderne de la monnaie (TMM ou MMT dans sa version anglophone) outre-Atlantique comme le signe d’une profonde révolution capable de mettre à mal la logique capitaliste ?

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