Demain, c’est loin

David avec la tête de Goliath – Le Caravage

Vendredi dernier, peu avant 21h c’est par un communiqué relativement succinct que Frank McCourt a annoncé le changement de direction à la tête de l’OM. Moins d’un mois après les événements survenus à la Commanderie et quelques jours avant l’arrivée de Jorge Sampaoli sur le banc du club, Jacques-Henri Eyraud, sans doute le fusible le plus important du propriétaire étatsunien, a donc quitté ses fonctions de président délégué pour rejoindre le conseil de surveillance. Dans la foulée, McCourt s’est rendu à Marseille pour introniser Pablo Longoria comme nouveau président et faire le tour des médias et des huiles politiques de la ville dans une forme de numéro de charme qui n’est pas sans rappeler 2016 et les premiers pas du Bostonien à Marseille.

Présenté comme l’ennemi numéro un d’un grand nombre de supporters, honni par les groupes ultras qu’il avait mis en demeure avec son sbire Hugues Ouvrard, pompier pyromane durant tout le mois de février, Jacques-Henri Eyraud semble donc avoir perdu son bras de fer avec les supporters – et non pas les « fans » selon son jargonneux et pompeux verbiage – alors même que cela semblait bien peu probable il y a quelques jours encore. Faut-il dès lors y voir une victoire totale de la part des supporters et plus particulièrement des groupes ? Le retrait de la mise en demeure annoncé par le propriétaire pourrait aller dans ce sens. Je crois, toutefois, qu’il faut se garder de tout triomphalisme tant la situation demeure précaire et la bataille risque d’être longue.

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Macron et Eyraud, même combat ?

Le 1er avril 2017, alors en pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’affichait aux côtés de Jacques-Henri Eyraud lors d’OM-Dijon. S’affirmant comme supporter invétéré du club phocéen, l’alors candidat devenu depuis président de la République profitait de son passage dans Marseille pour s’offrir un match au Vélodrome. Arrivé quelques mois plutôt à la tête du club, Jacques-Henri Eyraud buvait du petit lait de recevoir le candidat avec qui il semblait avoir le plus d’accroches et qui correspondait bien à la vision ainsi qu’aux décisions prises par le président marseillais depuis son arrivée. Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron, devenu entre temps président de la République, s’invitait à la Commanderie lors d’un entrainement du club.

Plus d’un an et demi après cette première rencontre, le locataire de l’Elysée est confronté à un mouvement social de grande ampleur et le club traverse une crise profonde ayant connu sept défaites et une élimination sur les onze derniers matchs disputés. Le 15 décembre dernier, lors de la manifestation des Gilets Jaunes dans les rues de Marseille une pancarte affirme « Macron, Eyraud, même combat ». Souvent rapprochés pour leur style similaire et leur soi-disant volonté de changer de fond en comble l’un le monde du football français l’autre la vie politique française, Emmanuel Macron et Jacques-Henri Eyraud auraient-ils pêché pour les mêmes raisons et ne seraient-ils pas finalement que les deux faces d’une même pièce, l’un agissant dans le football, l’autre dans la vie politique du pays ?

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