Ouverture des librairies, le faux débat

Au milieu de l’ensemble des débats induits par la crise sanitaire et la mise en place du confinement, il en est un qui a pris, de manière assez surprenante, une certaine ampleur, celui de l’ouverture des librairies. Alors que le gouvernement annonçait la fermeture de l’ensemble des commerces non nécessaires à la vie de la nation, d’aucuns se sont empressés d’expliquer – souvent pour mettre en avant que, eux, lisaient des livres – que les librairies constituaient des commerces nécessaires. Alors même qu’Amazon et tous ses avatars antisociaux sont progressivement devenus dominants sur le marché de l’achat de livres, certains exigeaient que les libraires soient mis en danger d’un point de vue sanitaire quand le reste de l’année assez peu de personnes, malheureusement, poussent la porte de ces librairies indépendantes.

Ce nouvel attrait pour les petits libraires indépendants au nom de la préservation de la culture – je reviendrai sur le lien soi-disant indéfectible entre livres et culture avancé par certains – peut facilement trouver sa matérialisation par l’achat de livres électroniques via des sites permettant de financer les libraires indépendants, on peut citer Place des Libraires par exemple. Plus largement, cet engouement nouveau pour la lecture en raison du confinement et la place importante qu’a occupée ce débat durant quelques jours a, me semble-t-il, éclipsé une problématique bien plus importante à ce sujet, celui de la difficulté d’accès à ces livres pour les populations qui en auraient à mon sens le plus besoin.

Lire la suite