Google ou le symbole de la servitude volontaire

Personne, sur la toile et au-delà, n’ignore l’existence de Google. Tout le monde le connaît, ce géant d’Internet qui véhicule une image cool quoique controversée. Au moment du scandale d’espionnage domestique par la NSA, Google s’est, en effet, retrouvé en première ligne en étant accusé de fournir toutes les infos à l’agence américaine. Pour autant, la popularité et la prééminence du moteur de recherche n’ont jamais été remises en cause par cette affaire. Il demeure ce mastodonte qui écrase tous ses concurrents si bien qu’ils finissent forcément par dépérir (Yahoo, Bing et bien d’autres). Cette position de domination confère à la firme californienne un prestige et une aura rarement remis en cause si bien que, pour beaucoup, le rêve consiste à être embauché par l’entreprise.

« Nous recrutons environ 2000 personnes par an et nous recevons plusieurs milliers de candidatures pour ces postes ». Ces mots sont ceux d’un salarié de Google. Pour une part non négligeable des diplômés de Grandes Ecoles, intégrer le « Googleplex » – le siège social de la firme – constitue le climax d’une carrière. Réputée pour son ambiance cool et sa forte propension à laisser ses salariés travailler en autonomie sur des projets qui leur tiennent à cœur, l’entreprise californienne n’a nullement besoin de campagne de communication pour enjoindre les personnes à postuler. Pourtant, derrière cette vision idyllique se cache, souvent, une réalité bien moins joyeuse. Il se pourrait bien que le célèbre discours d’Etienne de la Boétie s’applique pleinement à Google et à ses salariés. Lire la suite